Situation à Gaza
Six mois après la déclaration du «cessez-le-feu»
par B’Tselem*
(24 avril 2026) Depuis la proclamation du «cessez-le-feu» du 10 octobre 2025 jusqu’au 8 avril 2026, Israël a tué 736 personnes dans l’ensemble de la bande de Gaza. Environ 150 d’entre elles ont été tuées pendant l’attaque conjointe israélo-américaine contre l’Iran.
«La ligne jaune», tracée dans le cadre du plan Trump et plaçant plus de la moitié du territoire de Gaza sous contrôle israélien «à titre temporaire», est devenue le théâtre de massacres et de déplacements répétés de Palestiniens et se cristallise en une véritable frontière.
D’après une analyse récente d’images satellites, l’armée israélienne a, depuis le début du «cessez-le-feu», érigé sept nouveaux postes le long de la ligne jaune, modifié son tracé pour s’emparer d’une plus grande partie du territoire de Gaza et commencé à construire une barrière s’étendant sur plusieurs kilomètres.
Les quelque 2,1 millions d’habitants de Gaza sont contraints de s’entasser dans une zone représentant moins de la moitié du territoire de la bande de Gaza.
Plus d’un million de personnes déplacées ont un besoin urgent de fournitures de base pour s’abriter. La plupart vivent dans des tentes de fortune, exposées aux inondations et à des conditions d’hygiène inhumaines, ou dans des structures endommagées présentant un risque d’effondrement immédiat.
Avec le début de l’attaque contre l’Iran, Israël a imposé des restrictions draconiennes à l’entrée des fournitures humanitaires dans la bande de Gaza, entraînant une baisse d’environ 80% du nombre de camions d’aide humanitaire entrant dans la bande.
Avec la fermeture des points de passage, le nombre de patients autorisés à quitter la bande de Gaza pour recevoir des soins médicaux d’urgence a chuté à 16 en mars, tandis que plus de 18 500 patients nécessitant un traitement en dehors de Gaza ne peuvent quitter le territoire.
Le système sanitaire de Gaza, presque entièrement détruit lors de l’offensive israélienne, doit désormais faire face à un afflux massif de patients dans un contexte de grave pénurie de médicaments, de matériel médical et de carburant.
La fermeture des points de passage a également exacerbé la crise alimentaire à Gaza: les produits de première nécessité ont disparu des marchés, et les prix des autres biens ont grimpé en flèche, devenant inabordables pour la plupart de la population. En conséquence, environ 1,6 million de personnes risquent de souffrir de la faim ce mois-ci.
Six mois après le soi-disant cessez-le-feu, les tueries, les destructions, la famine et les déplacements persistent, tandis que la communauté internationale continue de tourner le dos aux Palestiniens de la bande de Gaza et de tolérer ainsi le génocide perpétré par Israël.
| * B’Tselem (en hébreu «à l’image de») est une organisation non gouvernementale israélienne basée à Jérusalem, fondée en 1989 sous le nom de «Centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés». Elle œuvre pour un avenir où les droits de l’homme, la liberté et l’égalité seront garantis pour tous ceux – Palestiniens comme Juifs – qui vivent entre le Jourdain et la Méditerranée. Un tel avenir ne sera possible que si l’occupation israélienne et le régime d’apartheid prennent fin. C’est l’avenir vers lequel œuvre l’organisation. |
Source: https://x.com/btselem/status/2042628134042734996, 10. April 2026
(Traduction «Point de vue Suisse»)